Les premières colonies sionistes en Palestine datent de la fin du 19e siècle et se perdurent encore aujourd’hui, à travers une politique de ségrégation et de spoliation des terres palestiniennes au profit des communautés juives venues de différentes régions du monde. Dès le départ, les organisations qui ont encadré et financé cette colonisation se qualifiaient de « sionistes» et de « colonialistes », telles que la World Zionist Organisation (1887), le Jewish Colonial Trust (1888) et la Jewish Colonization Association (1888).
A la fin du 19e siècle, les pogroms et autres persécutions subis par les Juifs en Europe les ont contraints à émigrer, principalement vers les Etats-Unis d’Amérique. C’est dans ce contexte qu’a émergé le projet politique du « retour » des Juifs en Palestine, activement soutenu par des Juifs assimilés tels que le baron de Rothschild, l’un des premiers à financer la création de colonies juives en Palestine, ainsi que Theodor Herzl, considéré comme le père du sionisme politique.
Après deux longues décennies de tentatives infructueuses, la Première Guerre mondiale a permis aux dirigeants du mouvement sioniste européen de faire porter leur projet de création d’un « foyer national juif » en Palestine par le Royaume-Uni. En novembre 1917, Arthur Balfour, alors ministre britannique des Affaires étrangères, adresse au baron de Rothschild, au nom du gouvernement britannique, une déclaration soutenant la création d’un foyer national juif en Palestine. Ce fut la première étape structurante du processus menant à la création du futur Etat juif.
Le présent chapitre rappelle les principaux événements de la période allant du début de la colonisation en 1880 à la déclaration Balfour en 1917, puis jusqu’à la fin de Première Guerre mondiale en novembre 1918. Nous y examinerons le déroulement des événements majeurs de cette période, le jeu des principaux acteurs, et proposerons une sélection de textes de référence.