Mots clés

#Husseinite dynasty #Beys of Tunis #Beylicat of Tunis #History of Tunisia #Tunisian monarchy

Beylicat – Du fondateur aux réformateurs (1705-1906)

Hichem Kacem

Détails de la publication

ISBN
978-9938-91-332-3
Maison d'édition
Collection
Ka' édition 2026
Date de publication
2026
Nombre des pages
384
Langue
Français
Titre Page début Page fin Etat Actions

Mal-aimés de la République, tournés souvent en dérision par des médias peu informés ou des biographes peu crédibles, les dix-neuf Beys sont souvent présentés comme des souverains ignorants, séniles, polygames, apatrides ou, pis encore, des sycophantes qui ont « vendu » la Tunisie à la France en 1881. Clichés et récits fantaisistes se racontent encore aujourd’hui sur leur compte, les faisant passer pour des monarques en carton, vivant dans de somptueux palais et privilégiant la lubricité des harems aux affaires de la Régence. Pourtant, la dynastie husseinite a perduré deux siècles et demi d’affilée sans subir de soulèvements populaires notables, en dehors de celui d’Ali Ben Ghedhahem de 1864. Un soulèvement destiné non pas à renverser le Bey de l’époque, mais plutôt à dénoncer la politique d’austérité de son gouvernement…Cette biographie romancée et illustrée, sans prétendre à l’exhaustivité, revient, documents à l’appui, sur plusieurs faits réels, contextualisés par rapport aux grands événements régionaux et internationaux ayant marqué la fin du XVIIe jusqu’au début du XXe siècle. Le rôle prépondérant de la franc-maçonnerie, très active sous la IIIe République, les manœuvres des puissances étrangères, surtout après la prise d’Alger (1830), la naissance du sionisme (1897) et les résolutions arbitraires du Congrès de Berlin (1878) ont scellé le sort de la régence de Tunis et celui d’autres régions liées à l’Empire ottoman…

Préface

L’histoire de la dynastie husseinite n’a pas cessé d’alimenter de vives controverses auprès des spécialistes de la question, des mémorialistes tunisiens ou étrangers et de susciter de plus en plus la curiosité d’amateurs ou de simples lecteurs avides de retourner sur les pas des Beys de Tunis, en quête d’informations sur leur origine, leurs règnes, leurs oeuvres et leurs manoeuvres. Mal-aimés de la République, tournés souvent en dérision par des médias peu informés ou par des biographes peu crédibles, les dix-neuf Beys – exception faite de l’avantdernier monarque : Moncef –, sont souvent présentés comme des souverains ignorants, séniles, polygames, apatrides ou, pis encore, des sycophantes qui ont « vendu » la Tunisie à la France en 1881. Des récits fantaisistes se racontent encore aujourd’hui sur leur compte, les passant pour des monarques en carton, vivant dans de somptueux palais et privilégiant la lubricité des harems aux affaires de la Régence. À force d’avoir martelé, à coups de médisances et de calomnies, que les Beys n’étaient que des personnages immondes, doublés d’usurpateurs de l’identité tunisienne, voire des lâches au service de l’Empire ottoman, beaucoup de gens y ont cru ! 10 On ne manque pas alors de relayer des épisodes insolites sur leurs vies privées ou celles de leurs fils, ou encore celles des princes de toute la grande famille husseinite. Parmi ces allégories, on entend encore dire que des princes pariaient sur le sexe d’un bébé dans le ventre d’une maman anonyme pour aller jusqu’à l’éventrer publiquement pour s’en convaincre ! Ce genre de racontars, ancrés désormais dans la mémoire collective de plusieurs Tunisiens, ont fini par créer chez eux une forme de répulsion endémique à l’annonce de l’époque beylicale. Ce réflexe « pavlovien » s’est cultivé de génération en génération pour s’ériger, maintenant, en un dogme difficile à changer. Pourtant, la dynastie husseinite a perduré deux siècles et demi d’affilée, sans subir des soulèvements populaires notoires, en dehors de celui d’Ali Ben Ghedhahem de 1864, figure emblématique de la révolte menée contre le pouvoir beylical à la suite du doublement des impôts (mejba), initié en 1858 par la politique financière instaurée par Mustapha Khaznadar, grand vizir sous M’hamed Bey, pour atteindre, sous Es-Sadok Bey, en 1861, 42 % des recettes fiscales ! Même si cette révolte était destinée non pas à renverser le Bey de l’époque (Es-Sadok), mais à dénoncer les pratiques de son gouvernement.

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